Communiqué EELV Flandre Maritime

Dunkerque, le 30 juin 2018

Contrairement aux récentes affirmations du président de Région, X. Bertrand, dignes du siècle dernier, notre région doit enfin entrer dans le XXIème siècle, en programmant la sortie progressive et définitive du nucléaire, et en se donnant les moyens de réussir la transition énergétique.

Ce jeudi 29 juin lors de la séance plénière du Conseil Régional des Hauts de France, le président de la région, Xavier BERTRAND, a annoncé la candidature de la région quant à l’implantation d’un EPR sur le territoire de la ville de Gravelines.

Cette décision est prise dans le cadre d’une délibération sur la stratégie d’intervention régionale en matière de production énergétique. Le gouvernement laissant aux régions une part de liberté dans le choix du mix énergétique afin d’atteindre les objectifs de baisse de 40 % des GES (gaz à effet de serre) décidés par les Accords de Paris (Cop21, fin 2015).

L’EPR est une technologie qui n’a pas fait ses preuves. Aucun EPR en projet dans le monde ne fonctionne (hormis l’EPR chinois qui vient juste de démarrer). Le site de Flamanville, estimé à 3 milliards a déjà coûté plus de 10 milliards après plus de 10 ans de chantier.
On sait déjà que la cuve, mal réalisée, donc dangereuse, devra être refaite dans les plus bref délais.

Les écologistes dénoncent cette décision de la Région HDF qui est une régression. Elle va à l’encontre des travaux menés par certaines collectivités locales pour préparer un nouveau modèle énergétique, soucieux du bien-être et de la santé des habitants.

Les écologistes soutiennent depuis plusieurs années les scénarii alternatifs des associations Virage Energie, Négawatt, Réseau Action Climat, etc… qui démontrent qu’il est possible de relever le défi climatique tout en assurant la sortie progressive du nucléaire et une moindre dépendance aux énergies fossiles.

Le président, Xavier BERTRAND amène comme arguments les emplois et l’indépendance énergétique du pays. C’est oublier que le combustible nécessaire aux centrales n’est pas produit en France et  aussi, que de très nombreuses études prouvent que les ENR pourvoient plus d’emplois que la filière nucléaire.
Il oublie aussi que le territoire de Gravelines est un polder. Les risques liés sont plus présents ici que partout ailleurs.
Il néglige que le territoire de Gravelines est au centre de 18 sites classés SEVESO.

La région, sur le site de Gravelines, a déjà l’une des plus grandes centrales nucléaires d’Europe. Celle ci, arrivant à sa limite d’âge va subir « le grand carénage » pour augmenter son espérance de vie de 20 ans.
Si on ajoute le coût de ce carénage, le coût de la gestion des déchets nucléaires, le coût du futur démantèlement ainsi que le coût environnemental et sociétal, le nucléaire devient l’une des énergies les plus chères à produire.

Pourtant, Les études de l’ADEME de 2016 et 2017 démontrent la possibilité, à l’horizon 2050, d’être 100% autonome en énergies renouvelables (Gaz/électricité) … encore faut-il s’en donner les moyens et laisser tomber le nucléaire.

Pour EELV et tous les écologistes de la Région Hauts de France, il y a urgence à :

– planifier et organiser la fermeture progressive des six réacteurs de Gravelines.
– créer une vraie révolution industrielle avec une filière de démantèlement nucléaire, créatrice d’emplois locaux de haute technicité.
investir massivement dans les énergies renouvelables (également créatrices d’emplois).
– mettre en oeuvre dans la région une politique publique de sobriété et d’efficacité énergétique.

La transition énergétique de la Région Hauts de France est une nécessité. L’enjeu de consommer moins et mieux en valorisant les ressources locales est aussi une évidence.

Le président de la région souhaite donc faire un périlleux pari sur l’avenir d’un territoire en décidant d’implanter une technologie dangereuse qui n’est pas maîtrisée. Il ne doit pas mettre en danger les 350 000 habitants de cette zone.

Construisons ensemble un nouveau modèle de société, en associant les citoyen.ne.s aux décisions.

Soyons actifs aujourd’hui, pour ne pas être radioactifs demain !

Europe-Ecologie-Les-Verts / groupe Flandre Maritime
Myriam SANTHUNE, porte-parole

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